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Un club de passionnés en robotique participant à la coupe de France E=M6.
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Fribotte

 Interviews : la télé du petit Nicolas
Nicolas au bureau...    Les participants du concours de robotique entendent souvent parler de VM productions : ces "gens de la télé" qui filment et interviewent pendant la compétition. Ce sont eux qui préparent les émissions de 26 minutes concernant la Coupe et les Trophées passant le dimanche à 20h sur M6.

Nous avons voulu en savoir plus sur le rôle de VM en interrogeant Nicolas Goldzahl Président Directeur Général de VM Productions et très impliqué dans les concours de robotique.

 

 L'historique
Fribotte Team : On dit que tu es à l'origine du concours E=M6. Est-ce exact, et comment l'idée t'est-elle venue ?
Nicolas :
  Oui, c'est exact en toute modestie. Ca m'est venu en 1992 quand j'ai commencé E=M6. Il y avait des sujets que l'on produisait nous même et des sujets que j'achetais un peu partout à l'étranger. Un des premiers sujets que j'ai acheté était sur les concours de robot du professeur Woodie Flowers au MIT. Ca a été une révélation, et je me suis dit, il faut faire la même chose en France !
Ma stratégie a été d'acheter d'autres sujets comme ça et faire connaître le principe au public et aux étudiants. E=M6 faisait déjà plusieurs millions de téléspectateurs. Une fois que ça a été un peu connu, j'ai décidé de faire un concours et on s'est associé avec une agence de communication qui nous a aidé à l'organiser chez Expotronic au CNIT à La Défense (Paris). On l'a fait mais on était très mal organisé pour ce genre de concours. C'est Expotronic qui m'a fait rencontrer les gens de l'ANSTJ, notamment Rachid [NDLR : Tonton sur le forum]. Ca nous a un peu soulagé d'avoir des bénévoles de l'ANSTJ qui avaient déjà des contacts avec les écoles et les universités, tout ça grâce à cette agence de pub qui a fait le relationnel entre l'ANSTJ et VM. Tout de suite le contact a été positif. Pour organiser la suite et pour grandir, on a délégué l'organisation de la coupe de robotique et des trophées à l'ANSTJ.
Oui, je suis à l'initiative en tant qu'idée et promoteur du début, mais après, le grand développement de la coupe, c'est en grande partie du à l'ANSTJ. Le moteur et la cheville ouvrière de tout ça, a été l'ANSTJ, même en créativité.

Fribotte Team : Le résultat escompté a-t-il été obtenu ?
Nicolas :
  Bien plus qu'espéré ! Jamais à cette époque là, on pensait que ça allait se développer de facon aussi importante, surtout sur la coupe de France de robotique. Aujourd'hui il y a 160 équipes et on est obligé de limiter le nombre d'équipes par école. Si on avait autorisé plus d'une équipe par école on serait aujourd'hui à plus de 200. On est plus que content aujourd'hui que ça ait marché.


 La vision VM de l'organisation
Fribotte Team : Il y a souvent confusion entre VM et M6 chez les participants. Peux-tu nous décrire VM productions en quelques mots ?
Nicolas :
  Le mieux pour avoir des informations sur VM c'est quand vous êtes sur le site robotik, de suivre le lien vers VM. Les émissions les plus connues sont : E=M6, E=M6 découverte, Passé Simple, tout ça sur M6 ; sur France2 : les grandes énigmes de la sciences ; la 5ième : 5sur5 et passe partout, et sur toutes les chaînes par exemple pour Thalassa, Envoyé spécial, Faut pas rêver, on fournit des reportages et des documentaires. Les émissions scientifiques représentent moins de la moitié de l'activité de VM.

Fribotte Team : A quel niveau VM intervient pour la coupe ?
Nicolas :
   En ce qui concerne l'organisation du concours de robotique, depuis le mois de décembre, on a mit en place un comité d'organisation qui est composé de 6 membres : 2 membres de VM productions, 2 membres de la Ferté Bernard, et 2 membres de l'ANSTJ. Ces 6 membres prennent les décisions et élisent un président du comité d'organisation [NDLR : Nicolas est le président en ce moment], et si il y a un vote 3 contre 3 alors c'est le président qui prend la décision. On a fait ce comité pour clarifier et faciliter la prise de décision pour les questions stratégiques. Le comité d'organisation a tout à fait confiance en l'organisation de l'ANSTJ qui prend plein de décisions par ailleurs.
ANSTJ
VM Productions La Ferté Bernard


Fribotte Team : La Ferté Bernard est par conséquent un acteur fort dans ce comité.
Nicolas :
   Oui, et ça c'était pour deux raisons. D'une part ce sont des gens formidables qui ont cru très tôt à la coupe et nous en sommes très reconnaissant. Et ils sont bons ! Ils ont su aussi développer parallèlement un festival de façon formidable. Il y a aussi une autre raison qui est pas la moindre : une grande partie du financement de la coupe, c'est eux.

Fribotte Team : Combien de personnes de VM se déplacent pour la coupe ?
Nicolas :
  Une cinquantaine. Ici on est 80 plus une vingtaine-trentaine de pigistes, une grande partie de VM se déplace pour la Coupe.

Fribotte Team : VM n'est pas une entreprise de mécénat, comment vous y retrouvez vous avec la coupe ?
Nicolas :
   On a perdu pas mal d'argent ces dernières années, et maintenant on essaye de rééquilibrer. Enfin c'est quand même raisonnable... Ce n'était pas une opération rentable, ça faisait plutôt partie de mon souhait personnel de développer ça au sein de VM. Ceci dit, ça reste quelque chose de tout à fait intéressant pour VM en terme d'image. De toute façon on est content et fier de parler de la coupe robotique.

Fribotte Team : Est-ce que tu as des retours sur l'émission et plus particulièrement sur les taux d'audience ?
Nicolas :
   Globalement les émissions robotiques font des audiences analogues aux émissions E=M6. Ce qui est en fait une excellente surprise. Quand vous faites une émissions comme ça en prime time, vous essayez de faire des sujets qui intéressent le plus de gens possibles : des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes. On ne choisit pas des sujets trop spécifiques. Quand vous faites une émission de robotique, vous êtes beaucoup ciblés, on s'intéresse à un univers plutôt masculin et plutôt étudiant. La logique mathématique d'audience aurait été que l'on descende en audience. C'est pas du tout le cas, et c'est plutôt une bonne audience, donc ça prouve qu'il y a un vrai intérêt des téléspectateurs pour cette émission.

Audience e=m6
Audience des émissions e=m6 (pas seulement celles des concours de robotique)
Source : Brochure VM
Fribotte Team : En terme de publicité, est-ce que l'émission sur la coupe se démarque des autres émissions ?
Nicolas :
   Non, je ne pense pas qu'il y ait de différence, ça viendra peut être un jour. Par contre, les entreprises qui recrutent s'intéressent beaucoup à la Coupe. Ils ne mettent pas de pub dans l'émission mais ils viennent sur place. On a appris qu'il y avait des chasseurs de têtes qui se baladaient sur la coupe.
Cette année il y a des partenaires comme Radiospares ou Asystem, peut être FCI, qui sont intéressés pour faire de la communication vers les étudiants qui vont payer un stand là-bas. Radiospare est partenaire de la coupe parce qu'ils savent que vous serez de futurs clients. Ils vont faire un stand hotline sur place pour sauver les robots en perdition avec une navette prête à foncer vers les entrepôts pour récupérer des composants.

Fribotte Team : Est-ce que d'autres télé peuvent filmer, on pense notamment à Eurobot ?
Nicolas :
   Les autres télés ont tout à fait le droit de venir filmer. Et c'était le cas, puisqu'il y a déjà eu la télé Suisse romande, la télé finlandaise, il y a eu l'agence reuters, le réseau mondial de télé, toutes les télés sont les bienvenues. Ca aussi c'était une décision stratégique du comité d'organisation. Ce n'est plus la Coupe e=m6, c'est la coupe de France de robotique et la coupe d'Europe de robotique. Et cet événement est couvert en France par l'émission E=M6. Cette décision n'est pas du tout innocente. Cela a été fait pour que les autres chaînes puissent couvrir l'événement. Parce que quand l'événement s'appelait coupe E=M6, on fermait complètement les portes des autres chaînes.

E=M6
Fribotte Team : Pourtant les trophées s'appellent toujours trophées E=M6 ?
Nicolas :
   Oui, mais c'est pour une autre raison. La façon de faire grandir les Trophées c'est par les Trophées régionaux. C'est ce qu'on a fait puisque cette année il y a 4 villes pour les éliminatoires régionaux et puis après la finale nationale. Or les trophées régionaux sont organisés très conjointement avec M6 puisqu'il font une couverture avec les M6 régionaux. Il y a vraiment une synergie avec M6 dans ce cas là. Alors que pour la coupe de robotique, l'expansion est internationale, elle est vers l'Europe donc il fallait sortir du cadre français donc du cadre M6.

Fribotte Team : On parle d'Eurobot, mais on a entendu dire qu'il y aurait une équipe du MIT...
Nicolas :
   Oui, vous êtes bien renseignés ! Il faut faire attention que les termes ne limitent pas l'extension d'un projet. On a appelé ça coupe d'Europe parce qu'on n'avait pas les moyens de développer directement la coupe du monde. Si c'est confirmé et apparemment ça l'est, et bien on va bientôt appeler ça la coupe du monde de robotique ! Là où je serais plus embêté c'est s'il n'y avait que le MIT qui vienne... On verra, on gérera. Mais de toute façon ce n'est pas le nom de la coupe qui freinera son développement. L'idéal c'est que ça deviennent la coupe du monde de robotique et pour ça le minimum ça serait qu'on ait des américains, peut être des canadiens, des asiatiques.

Fribotte Team : Mais il existe déjà d'autres concours internationaux.
Nicolas :
   Oui, mais surtout aux Etats Unis et en Asie. Les japonais, les thaïlandais, les chinois aussi et les taïwanais sont vraiment forts en robotique. De toute façon il faudrait des représentants asiatiques pour avoir une vraie coupe du monde. Et qui dit asiatiques dit budget déplacement etc... Voilà pourquoi il faut développer la renommée et la diffusion de l'évènement et donc faire venir des sponsors. Tout est lié. Si vous voulez que la coupe grandisse, il faut de l'argent, si vous voulez de l'argent il faut des sponsors et donc de la diffusion télé.

Fribotte Team : Si un jour la coupe s'étend et devient la coupe du monde, on peut imaginer que la France ne sera plus le domaine privilégié pour la coupe et donc qu'il y aurait une migration du concours ?
Nicolas :
   Il y a 2 façons de voir, dans les événement internationaux par exemple pour le sport, il y a des événements tournants mais aussi des événements qui sont toujours au même endroit. Non je pense que l'intention n'est pas qu'elle tourne pour l'instant mais qu'elle reste ici. Mais pourquoi pas, les 2 sont possibles.

Fribotte Team : Existe-t-il des exigences de la part de M6 quand au contenu des émissions sur la coupe ?
Nicolas :
   Non, ils nous laissent vraiment très libre. Tous les ans, on fait l'émission et on la leur montre et ensuite ils nous font des remarques. C'est rare que la chaîne sur le 26 minutes du dimanche nous demande de changer quelque chose. Ils nous laissent carte blanche, c'est une émission qui marche, qui a fait ses preuves.
Il n'y a pas de pression de la part de M6 concernant le règlement de la coupe. On ne travaille pas du tout avec M6 sur le règlement. Ca se passe entre nous tous à cette table [dit-il en montrant son bureau à VM] avec l'ANSTJ. Chaque année le règlement est décidé à la suite de longues réunions de travail avec l'ANSTJ et des étudiants. On se débrouille toujours pour que les étudiants présents soient des étudiants que ne participent pas, par exemple en fin d'école, ou alors ils ne sont là que pour les premières réunions, mais ils ne viennent pas après. On a absolument besoin d'étudiants sinon le règlement serait trop théorique. On peut imaginer des règles mais on n'est pas du tout capable de dire si c'est difficile à faire ou non.


 La Coupe
Fribotte Team : Que penses-tu du règlement de cette année ?
Nicolas :
   Ayant pas mal contribué et étant même initiateur de ce règlement là, j'aurai du mal à être juge et parti. C'est un règlement qui a été fait en réunion, chacun a apporté quelque chose. J'ai l'impression d'avoir jeté la première pierre. Les détails pour régler la difficulté du règlement ont été faits après par l'ANSTJ. Les premières infos que j'ai, c'est qu'il est plutôt bien. Souvenez vous, j'avais commencé par proposer un règlement où chaque robot avait un ballon sur lui. Ca faisait un petit peu une poursuite. Les réactions étaient très vives de la part de tout le monde sur le site, ça allait amener un jeu trop brutal. On a fait marche arrière. On est évidemment à l'écoute de tout le monde, c'est pas notre but de faire un règlement qui va être rejeté. Quoique vous fassiez comme règlement, je peux vous dire qu'il y aura toujours des mécontents.

Fribotte Team : Et pourquoi ne pas changer complètement l'optique et faire des matches à plusieurs ? Pour le concours du First du professeur W. Flowers par exemple, ils font des matches en alliance.
Nicolas :
   C'est typiquement le genre de choses qui ont été discutées. Il y a eu beaucoup de non. C'est peut être une bonne idée mais ça complique le règlement. Si il y a une volonté générale de faire des matches à plusieurs on le fera.
Pour First, il y a une grosse différence, les robots ne sont pas autonomes, c'est comme aux Trophées. Quand c'est l'homme qui pilote, on peut s'adapter facilement. S'il s'agit de machines automatiques, il faut décider à l'avance. Une machine qui peut jouer à quatre, pourra-t-elle jouer à 2 en finale ? Je ne veux absolument pas fermer ce genre d'idées. Mon but, c'est plutôt d'ouvrir ce genre d'idées et d'en discuter. Il faut une bonne majorité de oui pour continuer.

Fribotte Team : Les équipes se plaignent assez souvent de la ressemblance avec les règlements des années précédentes, on a l'impression que l'on tourne en rond au sujet du règlement de la coupe.
Nicolas :
   Je suis tout à fait d'accord. Les balles trois années de suite, on en avait marre, donc on a changé. Tout le monde était d'accord là-dessus. Encore une fois on a trouvé l'idée des ballons, les ballons n'ont été utilisés qu'une seule fois quand même. C'est le problème, il n'y a pas 36 solutions, pensez que les contraintes c'est qu'il faut que le marquage soit quelque chose de net. Il faut que l'arbitrage soit facile. Une balle dans un but, une balle dans un panier, une tour qui tombe, des ballons qui éclatent c'est facile à arbitrer. On voulait de tout façon qu'il y ait une grande facilité d'arbitrage et puis en plus que ça soit quelque chose de spectaculaire sur le plan télévisuel. Il faut que ça soit intéressant auprès du grand public. Sinon on perd des candidatures, des sponsors, du public. On a ressorti les ballons, et si on trouve mieux, on fera mieux. Les autres concours, américains et autres utilisent aussi souvent les balles.

Fribotte Team : Quelle est la coupe qui t'as le plus marquée ?
Nicolas :
   J'ai l'impression que la coupe de l'année dernière, les châteaux, a été la meilleure réussite. Ceci dit, étant donné que le niveau des robots augmente chaque année. C'est de toute façon l'année dernière que c'était au plus haut niveau. Ce qui ma plu l'année dernière, c'est que je trouvais les matches plutôt spectaculaires et il n'y a pas eu de match nul. C'est ma grosse hantise les matchs nuls. A l'époque du football, en 1998, une des demi-finale était match nul et la finale était match nul. Quand il y a trop de match nul, ça veut dire, que le règlement n'est pas très bien fait. Par exemple avec le basket on a eu des problèmes aussi : pendant la phase de qualification il a eu très peu de paniers. On commençait vraiment à avoir des sueurs froides. Chimizu, le professeur japonais, qui organise des concours de robotique au Japon, m'a dit de façon un peu sévère que ce ne sont pas les robots qui ne marchent pas mais la règle qui n'est pas bonne. Quand ça ne marche pas, il ne faut pas se plaindre des robots mais que la règle a un problème. On aurait du faire des paniers plus grand.
Fribotte Team : Si aujourd'hui on revenait sur un concours proche du basket, penses-tu que le résultat serait identique ?
Nicolas :
   Je pense qu'en 2 ans il y a eu un grand bond en avant au niveau de l'intelligence des robots, de la rapidité, etc... Il y a quand même un avantage à avoir fait 3 années de suite des balles, il y a un acquis technologique chez les équipes, surtout celles qui ont participé 2-3 années de suite : le ramassage de balles, se déplacer sur une table qui a à peu près les mêmes dimensions, avoir différentes stratégies... Il y a plein d'acquis qui permettent d'avancer d'années en années.
Par exemple, la botte secrète, regardez à quelle point cette technologie est avancée. Au début il n'y avait qu'une fonction lorsqu'on appuyait sur un bouton. Maintenant, il y a eu des petits malins qui ont mis des diodes pour savoir à quel moment ils doivent appuyer, et en fonction de la diode allumée l'action n'est pas la même. Voilà une idée, simple et excellente, qui fait que la botte secrète est devenue aujourd'hui un problème puisqu'on peut programmer une dizaine de fonctions sur son robot. Sans doute que l'année prochaine, on abandonnera la botte secrête. La botte secrête est intéressante pour le match, elle donne du suspens, elle permet d'avoir des stratégies plus complexes. Mais elle a quand même un inconvénient en terme de télé, on dit au public que le robot est autonome et à l'antenne il voit des gens avec des télécommandes.

Fribotte Team : Ca veut donc dire aussi que vous prenez en compte les messages qu'il y a sur le forum contre la botte secrête. Est-ce que ces messages sont considérés comme suffisamment représentatifs des équipes ?
Nicolas :
   Je me balade de temps en temps sur le forum. Je ne change pas quelque chose parce qu'il y a des messages sur le forum. Les messages sur le forum nous font poser la question. Je vous donne un exemple avec le grand conflit sur l'IUT de Ville d'Avray. Il y a eu des protestations sur le rôle des professeurs, moi ça ne m'a rien fait changé. Je trouve que cette polémique était stupide. Les participants restent des écoles et des universités et dans ces écoles et universités, il y a des professeurs. Vous n'allez pas enlever cette évidence là. Et c'est de toute façon impossible de contrôler le fait qu'un professeur travaille ou pas sur le robot. J'étais sensible à ce qui se passait mais ça ne m'a pas fait changer d'avis là-dessus.
Par contre les contestations sur le premier règlement qu'on avait lancé avec un ballon à bord du robot qui allait provoquer trop de chocs, et bien celle là je la trouvais légitime et donc on a changé le règlement. Il ne faut pas changer le règlement à chaque fois qu'il y a une contestation quelque part, sinon vous ne faites plus rien.

Fribotte Team : Au niveau de la Coupe, il y a eu pas mal de discussions sur le fait que l'action et le terrain étant déjà connus, on ne favorise pas forcément l'intelligence du robot.
Nicolas :
   Cette année je trouve que ce qu'il y a de bien dans le règlement c'est qu'il est utilisable pour 2 genres de robots. Pour que tout le monde puisse participer, et puisse marquer au minimum 1 point, vous avez les ballons fixes. Avec une intelligence limitée vous pouvez aller les percer. Donc ça n'élimine pas les équipes à petits budgets. Et puis après il faut que les équipes très performantes, y trouvent leur compte aussi et s'amusent, qu'il n'y ait pas que des trucs stupides et là n'oubliez pas qu'il y a les ballons mobiles. Vous allez déplacer les ballons mobiles et pour pouvoir les suivre, il va falloir mettre au point des détecteurs, des systèmes qui suivent les balises, etc... donc voilà là cette année on a 3 ballons qui sont fixes et on est toujours dans cette logique "peu intelligente", et puis il y a ceux qui sont mobiles et on fait jouer l'intelligence.

Fribotte Team : A quand un robot VM ?
Nicolas :
  Ecoutez, on n'en fera pas, parce que le niveau est beaucoup trop haut pour nous. Et on serait tout à fait incapable de le faire !

Fribotte Team : Qu'est-ce que tu penses de l'ambiance à la Ferté ?
Nicolas :
  Moi je la trouve excellente ! C'est un grand plaisir d'y aller. Pour nous à VM c'est l'évènement de l'année. Parmi les opérations qu'on fait, il n'y en a pas 2 comme ça. Les Trophées aussi c'est très très drole. Mais la Coupe à la Ferté, pour peu qu'il fasse beau, c'est l'apothéose !

Fribotte Team : Le site robotik.com est géré par VM. Est-ce que tu peux nous dire quel est son objectif, et quel est sa différence avec le site ANSTJ ?
Nicolas :
   Le site ANSTJ est un site universitaire donc il ne peut pas avoir de la publicité. C'est un frein au développement dont je vous parlais tout à l'heure. Parce que pour faire venir des sponsors, vous avez intérêt à leur proposer un package complet : c'est à dire une présence télé, une présence sur un stand près des étudiants à la Ferté Bernard et une présence sur le site internet. C'est le cas du premier sponsor qui a signé cette année : Radiospare. Vous verrez sa présence sur le site avec un lien vers chez eux. Ils auront un stand qui servira à aider les équipes en difficulté ou qui ont besoin de pièces, et ils auront une présence télé. Donc vu le statut du site ANSTJ on était obligé d'en faire un autre complètement libre. En plus, le site ANSTJ a un défaut, son nom est interminable. Alors que si vous voulez communiquer sur un site en télé vous devez trouver un nom très simple !

Fribotte Team : On remarque par exemple que les FAQ ne sont pas à jour sur le site VM, alors que le site ANSTJ est quand même pas mal à jour.
Nicolas :
   Le problème est toujours celui du financement. Aujourd'hui il y a une personne qui s'en occupe 2 jours par mois. Là aussi on a besoin de financement pour exactement la même raison. Bon ceci dit le site robotik va s'améliorer. Il y a un lien vers le site ANSTJ, un lien vers le vôtre aussi. Il y a des liens vers les sites importants. C'est un peu un portail des concours français de robotique. Il a 2 rôles : il a un nom facile à retenir pour aller vers les autres et puis à terme il devra se développer par lui même. C'est difficile de lutter contre une équipe aussi aguerrie que celle des Fribotte ! Pour répondre complètement à votre question, le site robotik.com n'a pas un objectif commercial en tant que tel. Il n'est là que pour accueillir les sponsors qui arrivent sur la Coupe.
Site robotik.comm
Contact pour le
site Robotik :
Alexandra Ardoin
Fribotte Team : On te voit toujours arbitrer les finales, pourquoi ne pas le faire tout le long de la coupe, à partir des phases qualificatives ?
Nicolas :
   Pendant les qualifs, il y a une dizaine d'arbitres, je préfère rester libre pour me balader d'une table à l'autre, et discuter avec les arbitres pour savoir quelles difficultés ils ont rencontrées. En fait, je prends des renseignements sur l'arbitrage pendant les qualifs. Par exemple, aux trophées, c'est comme ça que j'ai appris qu'il y avait des problèmes en fin de match. Les gens gardaient leurs balles jusque avant la fin de match et quand on disait stop ils étaient encore en train de laisser tomber des balles. On a donc du changer le règlement juste avant les phases finales. La seule façon de faire ça c'est de bénéficier de l'expérience des autres arbitres.

Nicolas et Mac, Trophées 2000
Mac Lesgy et Nicolas en arbitre
Photo ANSTJ, Trophées 2000
Fribotte Team : On commence à voir la robotique grand public émerger, et surtout à se médiatiser. Penses-tu qu'il y ait une prise de conscience sur la robotique en ce moment?
Nicolas :
   Je crois que même s'il y a des avancées intéressantes au niveau des chiens que ce soit Sony ou autre, ce qu'il font reste très limité. Avoir des robots vraiment efficaces et qui rendent des vrai services aux humains, ça ne sera vraiment pas pour tout de suite. La science fiction des années 30 prévoyait l'an 2000 avec des robots dans la vie quotidienne, ces robots ils existent mais ils sont dans les entreprises. C'est à dire que pour éplucher les carottes il n'y a pas un robot dans la cuisine qui les épluche, mais il y a un robot éplucheur de carottes dans l'usine et les carottes épluchées sont ensuite vendues en grande surface. Ca ne c'est pas fait comme c'était prévu.
On a fait une émission sur la robotique avec Francois de Closets diffusée sur France 2 où justement il traite très bien ce problème et un truc amusant par exemple c'est que l'intelligence des robots s'est développée beacoup plus vite que son énergie. Par exemple du robot d'Honda qui marche tout seul et descend les escaliers, il est très efficace et très performant mais il tient 45min. Après il faut complètement le recharger. Donc pour avoir des robots vraiment efficaces les batteries ont d'énorme progrès à faire. Là, la technologie plafonne. Ca va rester dans cette phase là à mon avis pendant longtemps. Rien à voir avec le développement qu'on a dans tout ce qui est software, informatique, mémoire... Ca se sont des progrès qui n'ont rien à voir avec les problèmes mécaniques des robots.

Fribotte Team : Donc tu es assez pessimiste sur l'avenir proche de la robotique dans la vie de tous les jours ?
Nicolas :
   Pour rendre des services dans la vie quotidienne oui. Les usines c'est autre chose, ils fonctionnent bien parce qu'ils sont attachés. En fait, un robot qui fait une seule tache très bien, finalement ça fait longtemps que ça marche, mais pour avoir un robot qui, un peu comme un homme puisse s'adapter à son environnement, changer, savoir se déplacer tout seul dans un endroit qu'il ne connaît pas il y en a encore pour un bon moment.

Fribotte Team : Pour conclure nous somme quasiment à un mois et demi de la compétition, est-ce que tu désires passer un message aux équipes ?
Nicolas :
   Oui. Ne vous laissez pas prendre par une pression trop importante. Il n'y aura qu'un seul gagnant mais c'est important que ça reste une grande fête de robotique où tout le monde s'amuse. Il y a tellement de gens qui viennent que je ne voudrais pas qu'il y ait une équipe gagnante et tout le reste de déçu.

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